LES PETITS AUJOURD'HUI À VENIR

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C’est l’histoire d’une petite école de quartier. Posée ici entre logements sociaux et petits pavillons à Dax.
C’est une petite école n’a pourtant pas l’accent du Sud-Ouest. Elle n’a pas le profil-type de la petite école de province non plus.
Ses habitants portent d’autres couleurs. Ils sont croates, roumains, français, portugais, malgaches, marocains, camerounais, italiens, espagnols, syriens… 
Ils portent des bagages parfois lourds : ils sont malentendants, ils sont intellectuels précoces, ils sont des difficultés d’apprentissage, de vie personnelle. L’école du Sablar est parfois leur dernière chance, leur dernier recours avant la sortie de route.
C’est un îlot de mixité. Une oasis de mélanges et de différences. Un bouillon de vie.
J’y enseigne depuis bientôt dix ans. La paupérisation y ronge les liens, les possibles, les repères et isole du reste de la ville. Lentement. Insidieusement. Et l’Adour fleuve qui les sépare du reste de la ville, se transforme en frontière.
Et pourtant les enfants vivent, mangent, apprennent, sourient. Ils croquent la vie aujourd’hui pour mieux la vivre demain. 
Accrocher ces petits aujourd’hui qui croquent la vie sur les murs de Dax, leur faire traverser l’Adour, afficher leurs sourires, leurs portraits, leurs identités et leurs différences, ce serait leur faire croquer la ville. Pour porter haut et fort leurs identités, les faire exister des deux côtés de l’Adour. 
Et ,pourquoi pas, accrocher leurs visages sur les navettes de la ville pour les faire vivre et courir dans toute la ville.
Ces aujourd’hui à venir, si vous les reconnaissez, si vous leur donnez vie, ils seront les aujourd’hui à venir de notre ville.